Journal de bord

Réflexions, expériences et nouveaux départs — par John Scallon

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Réflexion personnelle

Le bateau vide

John Scallon5 min de lecture

Je pense souvent à tout ce qui peut nous arriver dans une vie… et laissez-moi vous dire qu’il nous en arrive, des affaires! Toutes sortes d’événements, de rencontres et de situations qui viennent tester notre patience.

Mais dans un monde qui roule à 200 milles à l’heure, il faut parfois prendre le temps de respirer.

Il y a quelque temps, sur l’autoroute 132, j’ai vécu une situation qui m’a ramené plusieurs années en arrière.

Je roulais dans la voie de gauche à environ 100 km/h. Au moment où je m’apprêtais à dépasser une voiture qui avançait beaucoup moins vite dans la voie du centre, le conducteur a décidé de me couper brusquement. J’ai dû freiner d’un coup sec pour éviter de le frapper.

Pour ceux qui connaissent le secteur à la hauteur de la sortie Roland-Therrien, il y a de la construction et la voie de gauche est séparée par un muret de béton. J’ai donc accordé le bénéfice du doute à ce conducteur. Je me suis dit qu’il avait peut-être simplement mal évalué la distance en changeant de voie.

Mais une fois devant moi, il s’est mis à ralentir. Encore et encore… jusqu’à environ 40 km/h.

Ma patience a commencé à en prendre un coup. Je lui ai donc fait un appel de phares pour lui signaler mon mécontentement. Derrière mon VUS, une longue file se formait et certaines personnes se sont mises à klaxonner. Le joyeux luron a probablement cru que tout venait de moi et a freiné brusquement devant moi.

Là, je commençais sérieusement à bouillir.

Comme nous étions coincés entre les murets de béton, impossible de le dépasser. Nous n’avions qu’à subir son petit jeu. Après environ deux kilomètres, les trois voies de la 132 sont redevenues accessibles. Le monsieur a alors accéléré jusqu’à environ 110 km/h.

J’ai tenté de le dépasser par la droite pour m’éloigner de lui, mais il m’a encore coupé!

Je peux vous dire que, du haut de mes 6 pieds 5 pouces et de mes 280 livres, j’avais juste le goût de courir après lui et de lui en sacrer une bonne. Je ne lui avais pourtant rien fait, mais il ne me lâchait pas.

J’ai donc décidé de prendre la prochaine sortie. Je me suis déplacé vers la voie complètement à droite et, encore une fois, il a changé de voie en me coupant comme un fou.

À ce moment-là, je me suis dit : « S’il arrête à la lumière au bout de la sortie… catastrophe! Il va en manger toute une. »

Lorsque j’ai commencé à prendre la sortie, il a probablement réalisé que j’étais enragé noir. Il a brusquement bifurqué et traversé le gazon ainsi que le fossé pour retourner sur la 132.

Pas besoin de vous dire que j’avais la patate qui roulait à 200 milles à l’heure.

Arrivé au bout de la sortie, j’ai pris de grandes respirations pour faire baisser la pression. C’est alors qu’un souvenir m’est revenu.

Il y a plusieurs années, ma mère m’avait payé un cours de relations humaines, le cours Sylva Bergeron. J’y avais entendu une histoire qui m’avait beaucoup marqué : celle du bateau vide. Ceux qui ont suivi ce cours doivent déjà sourire. :-)

L’histoire du bateau vide

Un homme pêchait paisiblement sur la mer, bien installé dans son petit bateau, sous le soleil.

À un moment donné, il aperçut un énorme paquebot qui fonçait directement vers lui. Le pêcheur se leva et se mit à crier, espérant que quelqu’un le verrait et changerait la direction du navire.

Il avait beau crier comme un fou, le paquebot continuait d’avancer droit sur lui.

Lorsqu’il comprit que le bateau ne s’arrêterait pas, le pêcheur dut sauter à l’eau. Le paquebot passa par-dessus son embarcation et la fit couler.

Pourquoi personne n’avait-il réagi?

Parce que le paquebot était vide. Il n’y avait personne à bord. Le pêcheur aurait pu crier, sacrer et s’époumoner autant qu’il le voulait : cela n’aurait absolument rien changé. Personne ne contrôlait le bateau.

Il y a beaucoup de bateaux vides

La morale que j’en ai retenue, c’est qu’il y a beaucoup de bateaux vides autour de nous. Nous en croiserons des dizaines, des centaines et peut-être même des milliers au cours de notre vie.

Il ne sert à rien de sortir de notre voiture pour leur faire la morale, de leur crier après ou de leur faire un doigt d’honneur.

Le bateau est vide! LOL!

Quand cette image m’est revenue en tête, je me suis mis à rire. Toute ma colère est redescendue et j’ai complètement oublié le monsieur enragé de la 132.

Comme je vous l’ai dit dans mon premier texte du journal, je suis loin d’être le petit Bouddha assis sur sa montagne. Je suis toujours à la recherche de tranquillité et de paix intérieure. Pour moi, c’est un travail de tous les jours.

J’ai toujours ce dragon à l’intérieur de moi. Il sera probablement toujours là, mais avec le temps, je suis devenu son ami. Je l’apprivoise de mieux en mieux.

Et je suis même content de l’avoir, parce que c’est lui qui me donne la force de continuer, la force de ne pas avoir peur et la force d’affronter mes démons. Mais, en même temps, c’est aussi lui qui peut me faire passer de 0 à 100 en cinq secondes.

Je vais continuer à travailler sur ma paix intérieure, parce que je sais que le travail n’est jamais terminé. J’espère que vous trouvez, vous aussi, de petits trucs qui vous aident au quotidien à vous sentir mieux.

Le plus important, c’est de ne jamais arrêter de travailler sur nous-mêmes.

Et vous, quels sont vos trucs pour retrouver votre calme? Avez-vous déjà croisé un « bateau vide »? Partagez-moi vos anecdotes. Je suis certain que nous en avons tous quelques-unes!

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